Moi, mon entourage !
Lutter pour soi-même
C’est déjà le début de la résistance contre les violences.
Cela peut également avoir des répercussions en faveur du reste de la fratrie. Il arrive en effet que les parents ne marient pas les petites sœurs dès lors que, par exemple, l’aîné-e de la famille se révolte ou protège sa fratrie.
Certaines personnes résistent également publiquement en dénonçant les violences, en écrivant par exemple leur histoire. Cela encourage d'autres victimes à se révolter, sinon à sortir de leur solitude et en parler. Par exemple, Aysegül Isik, jeune écrivaine, vient tout récemment de publier son autobiographie. Cf. son blog !
Depuis 10 ans déjà, ce sont les filles tout particulièrement qui dénoncent le mariage forcé !
En 2000, une dizaine de filles scolarisées au lycée Sabatier de Bobigny (Seine-Saint-Denis) créent Le mariage forcé, pièce de théâtre ayant donné suite à un documentaire éponyme.
En 2001, plusieurs jeunes femmes de la Commission Jeunes du quartier des Coteaux-Cergy-Nord (Val d'Oise) écrivent le synopsis de notre court-métrage L'été de Noura.
En 2005, une classe du Lycée Edmond Rostand (Paris) réalise Je me marie, tu te maries, après avoir étudié L'école des Femmes de Molière.
En 2009, les élèves du Lycée Charles De Gaulle de Sète (Hérault) créent Libre d'aimer. la suite de L’été de Noura.
2011/2012 : et si l'on parlait des filles, des garçons et des parents engagé-es POUR LE LIBRE CHOIX AMOUREUX !
Le lycée Gourdou-Lesseure de la Varenne-Saint-Hilaire (Val de Marne), dont les élèves sont très majoritairement des garçons, s'est mobilisé sur ce sujet dès 2010. Une classe a ainsi animé une émission de radio sur le mariage forcé et écrit un conte contre les violences faites aux filles grâce à leur professeur de français et d'histoire. Le 8 mars 2011, le responsable du CDI de ce lycée a lancé un café-philo avec les élèves sur la thématique de l'égalité femmes/hommes notamment. Voix de Femmes a co-animé ce café-philo à plusieurs reprises avec un grand plaisir vu la richesse des échanges !
Il nous paraît important de valoriser la résistance des garçons face à cette violence. En particulier celles et ceux qui la dénoncent, personnages réels ou de fiction soutenant la victime dans son désir le plus profond : reste entièrement libre de se marier ou pas. Force est de constater que le mariage forcé est encore trop souvent traité exclusivement sous ses aspects négatifs : violences, viol, crime d'honneur, suicide, risque de reniement de la jeune fille par sa famille ... Par ailleurs, la solution proposée pour y échapper est souvent la même : mariage express avec un petit copain pour échapper à celui avec le cousin. Pourtant, fondamentalement, la question qui se pose est : comment garantir le libre choix amoureux des jeunes filles et des garçons ? Comment rendre visible la parole de celles et ceux qui résistent pour faire respecter ce choix ?
A cet effet, Voix de Femmes a mis en place différents ateliers d'écriture : slam, conte et Karagöz.
La parole des participants aux ateliers, filles et garçons, enfants et parents, féministes invisibles de nos quartiers, sera rendue visible dans un documentaire qui sortira le 25 novembre 2012 produit par Voix de Femmes et co-produit par FencyTV.
Les contes seront quant à eux valorisés dans une anthologie de poésie intitulée " Il n'y a pas que Roméo, Juliette et Shérazade ... " sous la direction du conteur Rûşen YILDIZ édité par Inlibroveritas.
